Le temps où il suffisait, pour se constituer une épargne de qualité, d’un contrat d'assurance vie doté de fonds en euros performants est révolu. La baisse de leurs rendements devrait se poursuivre voire s’accentuer. La solution alternative : l’investissement en unités de compte. Mais investir en actions induit pour l’épargnant d’accepter de prendre un risque supplémentaire. Afin de « piloter » ce risque, AFI ESCA a choisi de sélectionner sa gamme de fonds en analysant les aspects quantitatifs mais également qualitatifs en ayant notamment une meilleure connaissance du gérant, de ses compétences, de sa personnalité… Même si cette démarche, nommée « finance émotionnelle », n’est pas une protection totale contre des baisses de marché, elle présente néanmoins l’avantage d’éviter le plus souvent de s’exposer à des baisses supérieures à celles des indices.

Ainsi, pour sélectionner ses fonds, AFI ESCA s’est appuyée sur l’expertise de Philippe SARICA, professionnel de la finance et de l’assurance depuis plus de 30 ans. Durant 3 années, il a mené une étude sur l’apport de la finance émotionnelle dans la sélection d’unités de compte. Ses recherches ont permis de mettre en évidence l’influence des compétences émotionnelles du gestionnaire dans les processus de décisions financières.

Convaincu que cette approche est indissociable des aspects quantitatifs, il nous livre son savoir sur cette approche innovante.

La finance emotionnelle Philippe SaricaPhilippe SARICA

Expert de la finance émotionnelle.

  • Ingénieur diplômé de l'Ecole Navale.

  • Actuaire diplômé de l'Institut des Actuaires Français.

  • Docteur en Sciences Economiques.

  • Membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers).

Plus de 30 ans d'expérience en multigestion et sélection d'OPCVM.
Cette activité professionnelle a conduit à mener une recherche sur l’apport de la finance émotionnelle dans la sélection de gérants actions. Cette recherche a fait l'objet d'une thèse de doctorat soutenue à l'université Paris I-Sorbonne.

Philippe SARICA, pouvez-vous nous expliquer la notion de finance émotionnelle ?

Il s’agit de l’influence des traits de personnalités et des émotions sur la gestion de portefeuilles financiers. De nombreuses études montrent que les sentiments, les humeurs et la personnalité ont un rôle déterminant dans notre processus de décision et les investisseurs professionnels sont donc également influencés par leurs émotions. Ainsi, les résultats de leur gestion sont corrélés à certains traits de personnalité ou certaines compétences émotionnelles.

Le constat de mes recherches est simple : les gérants ayant de bonnes performances ont entre autres une anxiété faible, un bon contrôle de leurs impulsions et ont également le sens du devoir. A contrario, ceux dont le niveau de quotient émotionnel est faible sont plus exposés aux risques financiers.

Pourquoi avez-vous opté pour cette approche ?

La finance émotionnelle est un bon complément de l’approche quantitative dans le choix des fonds. En effet, il apparait très clairement que le processus quantitatif est important comme premier filtre de sélection des unités de compte car il fait appel à des méthodes relativement simples et rationnelles. Mais les aspects qualitatifs que sont l’émotionnel et le comportement des gestionnaires de fonds sont également incontournables. En effet, ces points ont une influence directe sur leur processus de décision financière et donc sur la qualité de la gestion de leurs unités de compte.

En quoi la finance émotionnelle est-elle innovante ?

Depuis plusieurs années seules les mathématiques et la rationalité ont leur place dans l’économie et la finance laissant de côté le facteur humain. L’homo oeconomicus, c’est-à-dire l’homme rationnel qui n’est pas influencé par ses émotions, n’existe pas. Replacer l’homme et son émotionnel au cœur des processus de décisions financières représente donc une innovation indéniable.

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